Méchante virgule d’Oxford ?

virgule d'oxford

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  Ces derniers jours, j’ai beaucoup appris sur le monde de l’impression grâce à un ouvrage très instructif de M. David Bann : « Guide pratique de l’impression ».

  Cependant, en tant que maniaque des règles de ponctuation, j’ai souvent été agacé par la présence de virgules d’Oxford. Qu’est-ce que c’est que ce truc ? se demandent peut-être certains d’entre vous. Je vous préviens tout de suite : cet article n’est que pinaillage. Cette virgule n’a effectivement jamais tué personne.

  Cette virgule, parfois nommée « virgule en série », est appelée « virgule d’Oxford » car elle est systématiquement employée dans les publications de l’Oxford University Press. En français, elle n’a pas lieu d’être mais peut parfois servir à ôter d’éventuelles ambiguïtés. Prenons un exemple de phrase dans laquelle l’utilisation de cette virgule est inappropriée :

Le nouveau parc de Vincennes est chouette ! J’ai pu y voir des girafes, des rhinocéros blancs, et des pudus des Andes.

  Ici, la dernière virgule ne sert absolument à rien. C’est ça, la virgule d’Oxford (la méchante !). Néanmoins, il faut admettre qu’elle peut de temps en temps rendre service. En voici une illustration :

J’ai bien aimé le nouveau parc de Vincennes. Je ne pensais pas que j’aurais pu y voir des lamantins, des pumas et leurs petits, et des loups ibériques.

  Bon, d’accord, je ne me suis pas foulé pour imaginer cette phrase mais je la trouve tout de même assez parlante. Cette fois-ci, la dernière virgule nous permet de séparer nettement les termes de notre liste et elle ôte toute ambiguïté qui aurait pu exister entre les deux derniers termes (les pumas et les loups). C’est aussi ça, la virgule d’Oxford (la gentille !).

  Notons par ailleurs que nous aurions pu nous en sortir convenablement sans cette virgule en procédant ainsi :

J’ai bien aimé le nouveau parc de Vincennes. Je ne pensais pas que j’aurais pu y voir des lamantins, des pumas et leurs petits ainsi que des loups ibériques.

  Maintenant que vous êtes au fait de ce terrible conflit de ponctuation, vous n’avez plus qu’à choisir votre camp (les ténèbres ou la lumière ?). Les virgulophiles auront peut-être du mal à supprimer cette virgule d’Oxford de leur éventail d’outils typographiques. Quant à vous les amis (les humains normaux), faites-moi plaisir s’il vous plaît, utilisez-la le moins possible !

 

 

2 Commentaires

  1. Bonjour, félicitations pour cet article, très clair et d’un ton léger, et merci de me permettre d’y ajouter un cas d’usage de la (gentille) virgule d’Oxford : « Je vis au cirque avec mes parents, la femme à barbe, et monsieur Loyal. » Sans cette dernière virgule, on pourrait comprendre que ces deux (remarquables) acteurs du cirque sont aussi mes parents.

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