Adopter le « no poo » ?

Adopter le « no poo »

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  En octobre dernier, en surfant au gré des vents sur le net, je suis tombé par hasard sur l’article d’une blogueuse qui racontait pourquoi elle avait adopté une nouvelle méthode pour se laver les cheveux sans shampoing conventionnel. Sur le coup, je me suis dit que cette blogueuse devait être une « belle grosse dégueulasse » (pardon aux grosses, elles n’ont rien à voir là-dedans, c’est juste une expression) mais après avoir terminé de lire son histoire, je me suis ravisé. Curieux de nature, le sujet m’intriguait. J’hésitais à me lancer dans l’aventure mais c’était chaud quand même. J’adorais me laver les cheveux « normalement », environ 1 fois par jour, et j’avais même une sacrée collection de shampoings pour me consacrer à cette lubie : Timotei Cacao, Tilleul ou Mangue, Axe Fruit du dragon, Playboy New York ou London, Kérastase bleu, noir ou or, etc.

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La classe…

  Cependant, à bien y réfléchir, bien que la méthode alternative en question s’appelle « no poo » (i.e. « pas de shampoing » pour les anglophobes), elle ne préconise pas de ne plus se laver les cheveux du tout. Non, elle préconise de ne plus se laver les cheveux avec des shampoings traditionnels (i.e. avec des produits chimiques) et d’espacer les lavages. Ce n’est pas pareil, c’est vrai quoi ! L’objectif n’est pas de terminer ainsi (et j’aime Jason, ce n’est pas la question) :

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Jason

  D’ailleurs, je dois vous avouer une chose. Ma curiosité parfois extrême m’avait déjà amené, quelques mois plus tôt, à me faire faire un bilan de mon cuir chevelu dans une « clinique du cheveu ». Dit comme ça, d’accord, ça paraît bizarre mais bon, ce n’était pas cher (merci Groupon pour ce genre d’activités à la con) et mine de rien, j’avais appris plein de choses : le cycle des cheveux, le nombre maximal de ces cycles, le rôle essentiel de la bonne répartition du sébum sur les cheveux (d’où l’utilité d’ailleurs de se brosser fréquemment les cheveux), etc. Mais par-dessus tout, j’avais pu voir l’état de mon cuir chevelu au microscope ! Le pauvre était inondé de sébum, ce qui empêchait mes cheveux d’être en bonne santé, d’où la sale tête de leurs racines d’ailleurs, toutes rabougries. Pourquoi cette catastrophe naturelle et microscopique sur mon crâne ? Je ne suis pourtant pas un crado. À cause justement de l’excès de shampoing et du type de produit utilisé.

  Avec ça en tête, après mûre réflexion, j’ai décidé de franchir le pas et d’essayer cette méthode « no poo ». Forcément, ma Belle était inquiète et elle avait raison. Voici ce que la méthode préconise, dans l’ordre :

  1. Ne plus utiliser que des shampoings faits maison (je vous en parle après) et rincer à l’eau (froide de préférence, pour les plus courageux) ;
  2. Espacer les lavages de plus en plus dans le temps.

  Espacer dans le temps mais à quel rythme ? C’est, je pense, une question propre à chacune et chacun. En gros, voici le schéma classique conseillé :

  1. Tous les 2 jours pendant 1 semaine ;
  2. Tous les 4 jours pendant 2 semaines ;
  3. Toutes les semaines pendant 1 mois ;
  4. Toutes les 2 semaines pendant 2 mois ;
  5. Tenir un mois sans lavage (étape essentielle a priori) ;
  6. Tous les 2 mois (rythme de croisière pour la plupart des personnes « initiées »).

 

  De mon côté, comme je me connais, c’était du tout ou rien. D’un shampoing tous les jours, je suis ainsi passé à un toutes les deux semaines. J’ai rapidement tenu le mois complet pour finir sur un tous les deux mois, mon rythme actuel. J’étais déterminé et ça n’a pas été aussi difficile que je ne l’aurais imaginé. Autre chose m’a également aidé : tous mes potes se foutaient de moi et étaient sûrs que j’aurais arrêté au bout de deux semaines. Comme je suis légèrement têtu… Concrètement, le plus difficile a été de tenir le premier mois entier sans rien me mettre sur la tête. Enfin, « rien » n’est pas le terme adéquat. Ce serait impossible. Imaginez-vous après une séance de sport, dégoulinants de sueur. Ainsi, à chaque fois que je prends un bain ou une douche (une fois par jour si je calcule bien…), je me lave les cheveux à l’eau claire. Après chaque séance de sport (tennis ou hockey sur glace), une fois par semaine, j’utilise du vinaigre de cidre pour virer le sel de la sueur (les amis qui dorment à l’appart’ ne comprennent pas toujours ce que fout une bouteille de cidre sur le bord de la baignoire ^_^). Aujourd’hui, après 7 mois d’expérimentation, quelle est ma situation ? Je ne sens plus du tout mes cheveux graisser à grande vitesse (et ces derniers ne puent pas, ils ont au contraire repris leur odeur naturelle) et j’ai l’impression (probablement idiote) de m’être réapproprié mon crâne (là, je dérape et bascule dans le New Age). Bémol : j’ai encore parfois des pellicules mais je pense sincèrement que c’est dû à mon mode de vie que je dois continuer à équilibrer. Peut-être est-ce dû également à la composition des mixtures que j’élabore pour me laver et que j’essaie d’améliorer au fur et à mesure que j’avance dans l’expérimentation.

  Parlons justement des shampoings faits maison. Il existe plein de recettes. Chaque expérimentateur a sa préférée. Comme vous l’aurez sans doute compris, j’aime bien tenter. Je me suis donc inscrit sur Aroma-zone (vous noterez le jeu de mots…), site spécialisé dans la vente de produits naturels de soin, et j’ai acheté de l’huile d’argan, de l’huile essentielle de lavande, de coquelicot, quelques accessoires ainsi que de la poudre de rhassoul, de shikakaï et d’argile verte (cf. photos ci-dessous, dans le même ordre). En tout, j’en ai eu pour une vingtaine d’euros et j’en ai plus qu’il n’en faut. Heureusement que les poudres ne se périment pas, je pourrai tenir quelques années. J’ai composé chacun de mes shampoings ainsi :

  • 2 cuillers à soupe de poudre (l’une des trois) ;
  • 1 cuiller à café d’huile d’argan ;
  • quelques gouttes de vinaigre de cidre ;
  • 1 bol d’eau chaude.

  Au début, je mettais quelques gouttes d’huile essentielle pour l’odeur mais aujourd’hui, j’ai arrêté, je ne ressens plus ce besoin de « trafiquer » le produit. En fait, initialement, quand j’ai acheté les huiles essentielles, ce n’était pas pour la confection de mes shampoings mais c’était par peur que mes cheveux puent, du moins dans un premier temps. J’avais donc mis de l’huile de lavande dans un spray avec de l’eau mais primo, les cheveux ne puent vraiment pas et secundo, l’huile de lavande fait tellement penser aux parfums de synthèses qui embaument les WC publics que je préfère de loin garder mon odeur naturelle ! Du coup, les huiles essentielles restent désormais dans leur boîte. Le vinaigre de cidre a quant à lui très bonne réputation car, d’après ce que j’ai lu, il absorbe le calcaire de l’eau et renforce la brillance de la chevelure. Au niveau des poudres (on parle toujours des cheveux…), j’ai commencé par mettre de la poudre de rhassoul tout simplement parce qu’elle semblait être la plus plébiscitée dans tous les articles que j’ai lus. Rien de particulier à dire sur celle-ci, elle est relativement équilibrée (quoique peut-être un poil sèche mais en dosant convenablement l’huile d’argan, ça s’équilibre). J’ai ensuite essayé l’argile verte qui a eu un rendu très sec (à dosage d’huile équivalent) sur mes cheveux. Je n’ai pas aimé. Enfin, j’ai réalisé mon dernier essai avec de la poudre de shikakaï, ma préférée. Elle a rendu mon cuir chevelu tout doux.

  Par ailleurs, si le sujet vous intéresse, vous ne pourrez résister à l’envie d’essayer de nouvelles recettes. Il y a quelques mois (je ne sais plus quand exactement), j’avais lu que dans le temps, les humains (vraiment eux, ouais) se faisaient des masques de jaune d’œuf (avec du miel et de l’huile pour les plus sophistiqués). J’ai essayé. Effet garanti, surtout si votre conjoint(e) vous surprend. Vous aurez bien l’air con(ne) ! Bref, faites gaffe : quand vous mettrez le doigt dans l’engrenage, qui sait où vous vous arrêterez ?

  Attention, tout ce que je raconte n’est pas scientifiquement prouvé ou autre, c’est avant tout une histoire de sensation et la volonté de revenir à des méthodes et à des produits naturels. De plus, mine de rien, l’économie financière n’est pas négligeable, surtout pour quelqu’un comme moi qui était fan de shampoings ! Je vous laisse faire le calcul qui de toute façon dépendra de votre fréquence de lavage, du type de shampoing que vous utilisez, de votre longueur de cheveux (les miens sont relativement courts, bruns, assez denses et légèrement bouclés). J’imagine aussi que l’environnement extérieur joue un rôle important. Les cheveux d’un Parisien ne subissent pas les mêmes agressions que ceux d’un Fougerais (coucou aux Bretons en passant ;)). Ce qu’il faut retenir, c’est justement ça : il ne faut pas craindre d’expérimenter de nouvelles choses, sans idées reçues, avec un soupçon d’optimisme et une bonne dose de bon sens.

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